Le Syndrome De Peutz-Jeghers

Qu’est ce que le syndrome de Peutz-Jeghers ?

Le Syndrome de Peutz-Jeghers est une maladie autosomique dominante (50 % de risque de transmettre la maladie à ses enfants), qui se transmet par la mutation du gène STK11/LKB1 sur le chromosome 19.

L’un des signes évidents de cette maladie est l’apparition de petites tâches noires, sur les lèvres en général mais aussi sur les doigts et la plante des pieds, dans l’enfance et qui peuvent s’atténuer à l’âge adulte (lentiginose) (cf. photos ci-dessous).

Cette maladie prédispose au développement de nombreux polypes bénins de l’estomac, de l’intestin grêle, du côlon. Sur ces polypes bénins (tissu normal, appelé aussi hamartome) peuvent se développer de petites zones d’adénomes qui peuvent conduire rarement à un cancer.

Le Syndrome de Peutz-Jeghers prédispose aussi au développement d’autres cancers.  Les plus fréquents sont au niveau du sein, de l’utérus, des ovaires, des testicules et même du pancréas.

La surveillance doit débuter dans l’enfance car les polypes de l’intestin grêle peuvent devenir gros très tôt, saigner, ou entraîner une  occlusion. On surveille les enfants en utilisant l’échographie, puis la capsule vidéo pour l’intestin grêle, puis l’entéro-scanner.

Quels sont les symptômes ?

Les principaux symptômes pouvant conduire au diagnostic sont l’obstruction intestinale (43 %), les douleurs abdominales (23 %), un saignement digestif (14 %), ou plus rarement une anémie chronique ou l’accouchement d’un polype par l’anus.

Le diagnostic

Le diagnostic est difficile chez les enfants jeunes devant des crises douloureuses spontanément résolutives : la palpation abdominale et l’échographie sont les moyens paracliniques de diagnostic majeurs. La surveillance doit débuter dans l’enfance car les polypes de l’intestin grêle peuvent devenir gros très tôt, saigner, ou entraîner une occlusion.

Voici les recommandations de surveillance dans le tableau ci-dessous.

                  Côlon1ère coloscopie à 8 ans puis tous les 3 ans si polypes.
A partir de 15 ans, coloscopie tous les 2 ans 
                Estomac1ère gastroscopie à 8 ans puis tous les 3 ans si polypes.
Gastroscopie tous les 2 ans à partir de 15 ans, couplée à la coloscopie.
              Intestin GrêleSuivi par échographie abdominale de 4 à 8 ans Capsule endoscopique tous les 2 ans dès que possible
Aide éventuelle avec l’imagerie par IRM chez le grand enfant et l’adulte
Entéroscopie thérapeutique pour les polypes de plus de 1-2 cm
Entéroscopie pré-opératoire pour le traitement des formes florides de l’intestin grêle

Les traitements du Syndrome de Peutz-Jeghers

Le suivi endoscopique chez les enfants jeunes permet, dans la très grande majorité des cas, d’éviter la colectomie et de contrôler la polypose par voie endoscopique. En cas de forme très floride, la chirurgie colorectale est à discuter.

L’apparition d’une dysplasie sur la muqueuse gastrique, pas systématiquement au niveau des polypes, peut conduire à une gastrectomie qui a ses conséquences : alimentation fractionnée, carence en vitamine B12 et souvent en Fer à compenser.

La chirurgie répétée de l’intestin grêle doit être évitée car il existe un risque de grêle court et de malabsorption. Le traitement endoscopique des polypes de l’intestin grêle est souvent possible, surtout lorsque le suivi est précoce et régulier. 

La vie quotidienne après l’intervention

Les principales chirurgies sont celles de l’intestin grêle et de l’estomac, avec leurs conséquences (cf. ci-dessus). L’amélioration du suivi et du dépistage devrait permettre d’éviter une chirurgie pour une grosse proportion de patients. 

Sources documentaires

Extraits « Polyposes en dehors de la polypose adénomateuse familiale », J.C. Saurin, Service d’Hépato-Gastro-Entérologie, CHU LYON, 2008