Qu’est-ce que la Polypose juvénile ?
La Polypose Juvénile est une prédisposition très rare (1/100 000 naissances en Europe et aux USA), autosomique dominante, aux tumeurs colorectales et gastriques. Les gènes impliqués sont localisés sur le chromosome 18 (SMAD4) et le chromosome 10 (BMPR1A). La transmission est autosomique dominante (risque de 50% de la transmettre à ses enfants). Elle serait, en terme de fréquence, la deuxième polypose digestive.
Sur les plans endoscopique et histologique, la polypose juvénile peut être difficile à différencier d’un syndrome de Cowden.
Le risque de cancer est modérément augmenté au niveau du côlon et de l’estomac : il provient de l’apparition de petites zones d’adénomes sur les polypes hamartomateux faits de tissu normal (polype juvénile).
La surveillance doit se faire au niveau du côlon et de l’estomac, en débutant prudemment vers l’âge de 15 ans, avec des intervalles variables de surveillance. Certaines formes ne touchent que le côlon.
L’atteinte gastrique concerne essentiellement les sujets porteurs d’une mutation du gène SMAD4.

Les symptômes
Dans le cas de cette maladie, le symptôme le plus courant est les rectorragies.
Il peut exister des malformations : mal rotation, défaut cardiaque ou génito-urinaire et, dans un type particulier (mutation du gène SMAD4), l’association avec une maladie des vaisseaux, la maladie de Rendu Osler et en particulier des saignements de nez (épistaxis).
Le diagnostic
Grâce à la réalisation d’une coloscopie, l’examen histologique précis des polypes est déterminant pour le diagnostic (différences avec les autres polyposes hamartomateuses). Les erreurs de diagnostic sont fréquentes avec la maladie de Cowden, du fait des analogies histologiques et de la localisation souvent identique gastrique et colique. Cependant, grâce aux avancées en génétique, le test génétique permet de confirmer le diagnostic en identifiant la mutation du gène mise en cause dans la maladie.
Une association lésionnelle a été décrite avec la maladie de Rendu Osler (dans le cas de la mutation du gène SMAD4). Il s’agit d’une malformation des petits vaisseaux et il peut y en avoir dans le cerveau et dans les poumons. Il est donc important de réaliser un bilan global pour voir s’il n’y a pas de signes ailleurs.
Les traitements de la Polypose juvénile
La surveillance doit se faire au niveau du côlon et de l’estomac en se basant sur la présence de symptômes dans l’enfance et de façon systématique à l’adolescence, vers 15 ans.
Le traitement endoscopique des polypes est possible dans certaines formes peu profuses (< 20 polypes). Dans le cas d’une polypose profuse ou incontrôlable, la colectomie (lien) est recommandée, bien qu’elle ne soit pas nécessaire pour la majorité des patients
La prise en charge d’une polypose profuse gastrique n’est pas clarifiée, des biopsies multiples sont réalisées, certaines lésions limitées sont accessibles à des traitements endoscopiques, et une décision chirurgicale en cas de dysplasie étendue ou de lésions majeures est possible.
La vie quotidienne après l’intervention
Après colectomie le confort de vie est équivalent à celui des patients opérés pour Polypose Adénomateuse Familiale, mais la colectomie n’est pas systématique. La réalisation d’une gastrectomie chez certains patients a des conséquences fonctionnelles : alimentation fractionnée, carence en vitamine B12 qu’il faut compenser.
Sources documentaires
Extraits « Polyposes en dehors de la polypose adénomateuse familiale », J.C. Saurin, Service d’Hépato-Gastro-Entérologie, CHU LYON, 2008